Jean-Pierre Ronzel
À 14 ans, Jean-Pierre Ronzel s’inscrit au lycée technique des arts appliqués rue Dupetit-Thouars à Paris puis poursuit sa formation à l’Ecole Professionnelle de Dessin Industriel qui possède une section « publicité » dans laquelle enseigne Max Ponty, le célèbre dessinateur de la gitane des paquets de cigarettes éponymes.
Peaufinant sa formation, il travaille quelques mois pour l’Office de Documentation par le Film puis pour l’agence de publicité A.B.C., et enfin décide de voler de ses propres ailes, nous sommes en 1948, Jean-Pierre Ronzel a 18 ans.
Il frappe à la porte du Figaro et son premier projet est accepté, une photographie du parfum « Ever After » pour Paquin dont il se rappelle, ému, les conditions d’élaboration : « Avec l’appareil de photos de mon père, je photographie le flacon dans l’appartement de mes parents, le flacon étant éclairé par une ampoule ordinaire, la lumière dirigée au travers d’une loupe vers le flacon. »
En 1951, il crée sa première société, le studio « Graphic Photo », dissoute en 1952 mais ayant eu entre-autres comme clients : Colgate-Palmolive, Vespa et Pathé-Cinéma ! En 1954, il travaille chez Boussac et le volume de commandes devient si important qu’il propose à l’entreprise de créer un studio photo propre en y intégrant un laboratoire ; l’offre est acceptée et Jean-Pierre Ronzel réalise par exemple pour Jalla (linge éponge de Boussac) une des toutes premières photographies de silhouette féminine nue, la jeune femme apparaissant derrière une vitre cathédrale évoquant un pare-douche.
Il quitte Boussac en 1956, part en Allemagne où le matériel photographique est le plus pointu et en revient avec en particulier une chambre Linhof 20 x 25 cm.
En 1957 il rénove un ancien atelier d’encre d’imprimerie à Levallois-Perret dans lequel il travaille jusqu’en 1995 et conquiert le monde de la photographie publicitaire au sein de son agence de publicité J.P Ronzel et Cie créée en 1961. Il y mène conjointement son activité de photographie, et d’agence de publicité. Jean-Pierre Ronzel renouvelle profondément l’imagerie de la publicité automobile.
Il édite de 1971 à 1990 la revue Porsche, dont il est le directeur artistique et le rédacteur en chef.
Il réalise le magazine du clan Audi de 1982 à 1986, dont il est rédacteur en chef.
Il dirige la publication du magazine Bolex Reporter en 1972-1973, dont il est le rédacteur en chef.
Très peu de photographes peuvent se vanter du palmarès de Jean-Pierre Ronzel qui travaille avec toutes les agences importantes et les plus grands annonceurs : Badoit, Ariel, Phillips pour Elvinger ; Ovomaltine, I.B.M., Saint-Gobain et Tupperware pour R.L.Dupuy ; Camay et Bonux pour Dorland. …
Il gère l’intégralité du budget publicitaire pour Volkswagen (1960-1962), et pour Porsche Sonauto (à partir de 1963) puis Yamaha, qui lui confient durant une quinzaine d’années l’image de leur marque. Il réalise alors l’intégralité des campagnes, depuis leur conception, l’illustration photographique, et l’achat d’espace.
J.P.Ronzel a eu trois enfants. Jean, venu travailler avec lui quelques années, mais qui décède accidentellement en 1985 à l’âge de 29 ans, laissant seule Joëlle qu’il avait épousée 6 mois plus tôt. Puis, Sophie et Nicolas, nés en 1976 et 1980, qui ont à coeur de faire vivre la mémoire de leur père.
Jean-Pierre Ronzel a marqué l’histoire de la photographie par son style très imaginatif, novateur, réalisant des illustrations parfois totalement débridées. Photographe de la joie de vivre, sensible à la beauté féminine, aux courbes d’une belle carrosserie, ses photos sont empreintes d’esthétique, de sensualité, de force, et souvent de fantaisie. Metteur en scène très précis, sans jamais recourir au photomontage, il s’appuie sur une très bonne maîtrise technique en particulier en grand format tant en studio qu’en extérieur,